Le 9 juin 1997

Le titre : Moi cyberdépendant (e) ? " Bien voyons donc ! "

Bravo ! Depuis le bref temps que nous sommes en ligne, plus de 2000 personnes ont visité ce site. C’est sûrement que ce site correspond à un besoin. Les chroniques hebdomadaires se veulent sur le mode interactif. Cela veut dire que vous pouvez réagir en laissant vos commentaires sur le " Babillard " ou en venant en parler sur le " chat " Rochons Ensemble. Tout cela au " Salon de discussion ".

Le prétexte est celui de la cyberdépendance. Par ces chroniques, je pourrai aussi vous entretenir sur toutes sortes de dépendances de nature pathologique (l’alcoolisme, la cocaïnomanie, le jeu compulsif, la dépendance affective, les compulsifs du sexe, les outremangeurs, les compulsifs du travail, etc.) c’est-à-dire des problématiques reliées à une ou plusieurs substances, qui génèrent des troubles du comportement ainsi que de la souffrance psychologique chez un individu. Dans ce sens, si l’actualité nous apporte des sujet hots, nous allons " surfer " avec ces sujets et j’en parlerai avec vous. Vous, les internautes, serez mon inspiration, et je me modulerai à votre questionnement et à vos besoins.

1, 2, 3 GO! Croyez-vous que la cyberdépendance existe vraiment ou si c’est seulement une imagination de l’esprit?

Peut-on passer 10 heures et plus par jour devant son ordinateur, en plus de " chatter " quelques heures, naviguer sur le Web et bloquer par le fait même la ligne téléphonique tout ce temps, sans avoir les hauts cris de vos proches et en même temps ne pas être cyberdépendant? Si vous êtes un de ceux-là (celles-là), vous allez certainement penser que cela vous cause moins de tort que la cocaïnomanie, par exemple. Attention, car rien n’est moins évident. Essayez donc de vous priver ou de vous éloigner pendant plusieurs jours (à cause des vacances, par exemple) de votre ordinateur et des services Internet et observez comment vous allez réagir. Si vous êtes cyberdépendant, vous allez vivre une forme de sevrage et serez très heureux de " pitonner " à nouveau, sur votre ordi, à votre retour.

On a rapporté, à TVA, à l’émission " Un jour à la fois ", qu’on a accueilli, dans la ville de Boston, un jeune avec tous les symptômes de sevrage à la cocaïne alors qu’il était en sevrage d’Internet. Inimaginable il y a seulement 5 ans. Tout a fait possible en 1997.

Curieuses les réactions à propos du phénomène de la cyberdépendance de la part des gens, en général, et des internautes, en particulier. Lorsque je dis que je traite des cyberdépendants personne ne reste indifférent. Dans mes rencontres avec les gens, au moins une personne sur cinq connaît quelqu’un qui passe trop de temps sur l’Internet. Une conjointe qui est furieuse que son mari " aime " plus son ordinateur qu’elle, qu’il lui parle plus, ou qu’il parle plus à d’autres internautes en tous cas. Une journaliste de la radio de Radio-Canada, elle-même accroc à Internet, m’a signifié, par courrier électronique, qu’elle aimerait qu’un psychologue " prenne le temps d’écouter ses déboires en ondes ". Ce qui fut fait. Un dessinateur sur ordinateur, doit aller, en premier lieu le matin, voir des photos XXX car il vit seul. Toute la journée, il pitonne sur l’ordi de 9 à 5; le soir, il travaille à faire sa page Web sans compter les 4 ou 5 heures passées dans des groupes de discussion sur Internet. Le lendemain, cela nuit à sa productivité au travail parce qu’il est trop fatigué. Son cas ressemble à de la lassitude, à du désarroi psychologique. Cas extrêmes, ou personnes passant " juste " un peu trop d’heures sur Internet? Qu’importe, la réalité virtuelle est là. Venez-vous d’apercevoir une photo-polaroid de vous? D’un proche? Vous désirez vous exprimer? Pourquoi ne profiteriez-vous pas de cette tribune ?

A la semaine prochaine.




par

Jean-Pierre Rochon M. Sc., psychologue

courriel : rochon@psynternaute.com

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