Vivre une dépendance est de nature pathologique et entraîne souvent des conséquences dramatiques dans la vie de la personne concernée. Il est donc primordial de traiter ce sujet sérieusement, tout en le rendant accessible à tous. Dans les pages qui suivent, nous nous penchons sur les divers phénomènes sociaux reliés à la dépendance.
La dépendance comme concept de maladie
À la lumière du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (le DSM), utilisé par les psychologues et les psychiatres du monde entier, on peut étudier les divers symptômes et comportements reliés à la dépendance. Cette approche conduit à aborder le phénomène en termes de concept de maladie, et non de simple faiblesse morale. C'est un changement de regard essentiel : on ne « guérit » pas une dépendance par la seule volonté, pas plus qu'on ne soigne une autre maladie ainsi.
Les caractéristiques communes
Une personne peut s'adonner à une ou à plusieurs dépendances. Il existe cependant des caractéristiques générales communes au concept de dépendance :
- L'obsession : idée ou image qui s'impose à l'esprit de façon répétée (hantise) ; représentation accompagnée d'états émotifs pénibles, qui tend à accaparer tout le champ de la conscience.
- La compulsion : impossibilité de ne pas accomplir un acte, lorsque ce non-accomplissement est générateur d'angoisse et de culpabilité.
- L'altération de la perception, des attitudes et des comportements lorsque l'individu est en contact avec la « substance » (ou l'activité).
- La manipulation : l'un des principaux subterfuges utilisés par la personne dépendante pour arriver à ses fins.
- La malhonnêteté, qui caractérise la manipulation tant envers soi-même qu'envers les autres.
- L'isolement, la culpabilité, les remords et la perte de la maîtrise de sa vie.
Des repères diagnostiques précis
La personnalité d'un individu dépendant est souvent associée à des fragilités de la régulation émotionnelle. Les manuels cliniques définissent des critères diagnostiques très spécifiques. On retrouve fréquemment, parmi les manifestations à surveiller :
- Une instabilité et des excès dans les relations interpersonnelles, oscillant entre idéalisation excessive et dévalorisation ;
- De l'impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables (dépenses, sexualité, toxicomanie, conduite dangereuse, accès boulimiques, etc.) ;
- Une instabilité affective : changements marqués d'humeur, passages vers la dépression, l'irritabilité ou l'anxiété, durant habituellement quelques heures ;
- Des colères intenses et inappropriées, ou un manque de contrôle de la colère ;
- Un sentiment permanent de vide ou d'ennui ;
- Des efforts effrénés pour éviter les abandons, réels ou imaginaires.
Ces critères ne servent pas à « étiqueter » : ils aident le clinicien à comprendre une souffrance et à proposer un accompagnement adapté.
L'alcoolisme
Soyons francs : l'alcoolisme demeure encore méconnu et véhicule beaucoup de mythes. C'est pourtant l'une des dépendances les plus répandues et les mieux documentées. La personne alcoolique n'est pas dénuée de volonté ; elle est aux prises avec une maladie chronique qui modifie le rapport au produit. La reconnaissance du problème, l'entourage, le soutien des groupes d'entraide et l'accompagnement professionnel jouent un rôle déterminant dans le rétablissement.
Les autres dépendances
Au-delà de l'alcool, la dépendance peut concerner les drogues, les médicaments, le jeu de hasard, le sexe, le travail (ergomanie), la nourriture ou encore les technologies — c'est la cyberdépendance. Dans tous les cas, les mécanismes de fond — obsession, compulsion, perte de contrôle, conséquences négatives malgré la volonté d'arrêter — se ressemblent.
Où trouver de l'aide
La dépendance se traite, et le rétablissement est possible. Au Québec, le service Aide dépendance du gouvernement du Québec oriente vers des ressources d'écoute et de traitement. Pour approfondir la compréhension des troubles liés à l'usage de substances, l'Organisation mondiale de la Santé propose une documentation de référence. Consultez aussi nos repères sur les traitements.